Victor Canard et Léonie Duchêne

Canard-Duchêne

 

Né à Ludes, le 4 septembre 1835, Victor François CANARD, menuisier comme son père, épouse le 22 février 1859 à Ludes, Françoise Léonie DUCHÊNE, née à Ludes le 15 avril 1840, fille de Jean Baptiste Claude DUCHÊNE, vigneron, et de Marie Jeanne BEUZART.

Peu de temps après, Victor-François Canard, décide, tout en exerçant son métier de menuisier, de vinifier et champagniser lui-même les raisins qu’il récoltait dans sa vigne. La poursuite de cette double activité était rare à l’époque. Le succès aidant, il doit choisir entre le travail du bois et le travail du raisin.

En 1868, il fonde la marque CANARD-DUCHÊNE.

 

1890 - Edmond Canard succède à Victor Canard et Léonie Duchêne, ses parents, à la tête de la maison Canard-Duchêne.

Demeuré seul à la direction de l’entreprise après le décès de son frère Alfred, homme de caractère, travailleur rigoureux et audacieux, Edmond donne à ses champagnes une renommée internationale et la maison Canard-Duchêne entre alors dans le cercle très fermé des fournisseurs du tsar Nicolas II. La marque arborera désormais sur ses étiquettes l'aigle bicéphale surmonté d'une couronne, « emprunté » à la famille impériale de Russie. Un autre emblème s’y ajoutera plus tard : le sabre, en souvenir d’une tradition napoléonienne liée au champagne.

À partir de 1930, Victor Canard, petit-fils des fondateurs, donne une nouvelle impulsion à la marque. Il s'adapte aux circuits de la distribution moderne et inscrit la maison dans son siècle. Victor Canard préside aux destinées du Stade de Reims à ses heures les plus glorieuses et s'associe à des événements majeurs comme les Jeux Olympiques de Grenoble en 1968.

Grâce aux exportations, la maison franchit la barre des 2 800 000 bouteilles annuellement. Une expansion vertigineuse (3e place sur le marché français) qui nécessite apport de capitaux. Après une brève association avec Piper-Heidsieck, la société Canard-Duchêne est vendue à Veuve Clicquot-Ponsardin, qui intègre le groupe LVMH en 1987.

Après plus de 100 ans d'histoire familiale, la Maison Canard-Duchêne est, aujourd’hui encore, la propriété d’une famille vouée à la vigne et au vin puisqu’elle intègre le groupe Thiénot en 2004, propriétaire de la marque de son nom Champagne Thiénot, des Champagnes Joseph Perrier et Marie Stuart.

 

 


Jean Pierre Arthur BARONNET

 

Né le 11 décembre 1898 à Ludes (51), marié à Nancy le 10 avril 1929 avec Marcelle Pichenet, décédé le 14 janvier 1982 à Nancy. Son père Nicolas Emile Marcel Baronnet était instituteur à Ludes.

Après des études à l'Ecole Normale d'Instituteurs, il est mobilisé en 1917 puis reprend des études à l'Institut Electrotechnique de Nancy (devenu ENSEM). Son diplôme d'ingénieur acquis, il travaille en Italie, en Grande-Bretagne, puis crée une affaire de représentation de matériel électrique pour l'industrie lourde en 1930. Il s'intéresse aux activités culturelles dès 1934 (trésorier du Cercle Artistique de l'Est remplaçant son beau-père M. Pichenet, décédé). Pendant la guerre 1939-45, il suspend ses activités pour ne pas avoir à travailler avec l'occupant et trouve un emploi à la Préfecture de Reims. Après 1945, il reprend ses activités de vente de matériel électrique pour la sidérurgie, les mines de fer et l'armée.

En 1947, il est membre de l'ALMC. En 1954, une délégation conduite par Henri Daum le sollicite pour qui prenne en mains l'ALMC qui est en mauvaise posture. Il accepte le poste de Secrétaire Général pour un temps limité, puis devient Président en 1957. En 1954-55, il organise une enquête afin de connaître les attentes du public avec, en récompense, des abonnements gratuits et des disques à gagner offerts par Martin et Cie...

Auprès de J. Baronnet, deux personnes s'activent : Olivier Vincienne, trésorier efficace, représentant en produits industriels et roulements, et Suzanne Nicolas, professeur privé de chant et dévouée secrétaire.

A une base de 6 ou 7 concerts d'abonnements il ajoute 3 à 4 concerts supplémentaires d'abonnement, et des concerts "de gala" publics.

Rétrospectivement, bien des concerts d'abonnement, volontairement limités aux seuls abonnés, auraient pu être de formidables événements capables de drainer un large public (citons par exemple Pierre Fournier, Arthur Grumiaux, Lili Kraus).

Les concerts de gala et publics ont permis de renflouer les caisses de L'Association. Lors du concert W. Kempff en 1955, il y avait des chaises sur l'estrade de la Salle Poirel et 200 personnes ont été refusées.

Une anecdote révèle le caractère combatif de J. Baronnet : la programmation de Wilhelm Kempff ayant été fort discutée au Comité, il déclara : " si ce concert est en déficit, je paierai".

Des moments forts ont été de 1958 à 1965 les manifestations organisées avec le Comité des Fêtes de la Ville de Nancy animé par Jacques Huriet (voir les tableaux «Grande Saison»).

Tant par la qualité des artistes que par le nombre et la diversité des modalités de production, l'époque Baronnet pourrait passer pour l'âge d'or de l'ALMC.

Jean Baronnet fut Secrétaire Général puis Président de l'ALMC de mai 1954 à juin 1967. Pendant ces 13 ans il a organisé près de 140 concerts, soit plus d'un tiers des 400 concerts proposés en 50 ans.

 


Louis Émile Dérodé

 

Louis Émile Dérodé, né à Reims le 20 mai 1812, mort à Ludes (Marne) le 21 mars 1864.

D’une vieille famille commerçante de Reims, était le neveu de Linguet, le publiciste connu du XVIIIe siècle. Il fit son droit à Paris, se fit inscrire au barreau de Paris, puis à celui de Reims, où il devint bâtonnier de l’ordre, et épousa la fille de M. Leroy-Myon, ancien député de Reims en 1834. Président du comité électoral d’opposition à Reims, il se présenta, le 1er août 1846, dans le 2e collège de la Marne contre le député sortant, M. de Bussières, mais il échoua avec 216 voix contre 256 données à son concurrent. Il présida le second banquet réformiste de Reims en 1847, et fut élu, le 23 avril 1848, représentant de la Marne à l’Assemblée constituante, le 5e sur 9, par 70589 voix sur 93164 votants et 101527 inscrits. Il prit place à la gauche modérée, fut membre du comité de législation, et, après l’élection de L. Napoléon à la présidence de la République, combattit sa politique personnelle.

 

Non réélu à l’Assemblée législative, il reprit sa place au barreau de Reims, et tenta vainement deux fois, sous l’Empire, de rentrer au parlement : le 29 février 1852, il n’obtint dans la 3e circonscription de la Marne, comme candidat d’opposition au Corps législatif, que 1102 voix contre 18311 données à l’élu, M. Soullié ; et le 22 juin 1857, il échoua de nouveau dans la même circonscription avec 546 voix, contre 15995 données à l’élu, M. Carteret, 2545 à M. Werlé, et 2000 au général Cavaignac.

 

 

 

Arrière-petit-neveu de Simon-Nicolas-Henri Linguet, il épousa Marie Virginie Le Roy (1824-1894) et repose au Cimetière du Nord.

 

 

 

Jacques Nicolas Toussaint COUTURE

 

Il est né le 1er novembre 1773 à Ludes et décède à Ludes le 28 mars 1838. Il s’engage dans l’armée comme soldat au 1er bataillon de Reims, le 23 août 1793, il n’a pas 20 ans.

Il commence les campagnes de la révolution de 1793 à l’an 9. Puis de l’an 10 à l’an 14 sur les côtes de l’océan.

De 1806 à 1814 il participe aux campagnes napoléoniennes.

Blessé d’un coup de feu  à la jambe droite le 16 juin 1794 à la bataille de Fleurus près de Charleroi.

Blessé d’un coup de feu à la cuisse gauche le 4 octobre 1800 à la bataille de Hoheinlinden en Bavière (bataille gagnée et commandée par Moreau, livrée contre les autrichiens)

Il est nommé caporal le 10 décembre 1800, sergent le 17 novembre 1801 et sergent major le 12 mars 1804.

Il participe à la bataille d’Ulm en octobre 1805 et d’Austerlitz le 2 décembre 1805.

Le 14 octobre 1806 c’est la bataille d’Iéna en Allemagne.

Le 8 février 1807 bataille d’Eylau où il est blessé d’un coup de feu au bras gauche.

Le 14 juin 1807 bataille de Friedland.

Le 22 avril 1809 bataille d’Eckmühl où il est blessé d’un coup de feu à la cuisse droite.

Il a dû se battre comme un lion, ou bien les pertes sont énormes, il est nommé sous-lieutenant le 23 avril 1809.

Les 5 et 6 juillet 1809, c’est la victoire de Wagram contre l’armée autrichienne.

Il est nommé lieutenant le 28 décembre 1810 puis adjudant major le 16 août 1811.

Il participe à la retraite de Russie en 1812 et aux campagnes d’Allemagne en 1813 et 1814.

Il est nommé capitaine le 16 février 1813.

En 1814 il participe aux combats d’avant-poste de Hambourg. Il est blessé  d’un coup de feu au rein et d’une contusion à la hanche droite le 9 février 1814 en commandant le 1er bataillon du régiment.

Il a été décoré du Lys le 20 juillet 1814. (Le comte d’Artois créa, le 26 avril 1814, la Décoration du Lys)

Cet officier a été deux fois mis à l’ordre du 13è Corps d’Armée et a reçu deux lettres de félicitation du prince d’Echmühl pour s’être particulièrement distingué aux affaires qui ont eu lieu au blocus de Hambourg.

Jacques Nicolas Toussaint COUTURE a été nommé Chevalier de la Légion d’Honneur au passage du Roi à Abbeville le 20 mars 1815.

Il s’est marié à Cysoing (59) le 12 septembre 1816 avec Marie Suzanne COUVREUX.

Ils ont eu deux fils, Jean Baptiste Léopold COUTURE, né à Chigny les Roses le 21 octobre 1817, Jean Baptiste COUTURE, né à Ludes le 30 janvier 1834 mais décédé le 17 février 1836, et cinq filles dont quatre décédées en bas âge.

 

 

Georges FALEUR

 

Grâce au Dr François Faleur de Reims, nous avons pu suivre le périple de son grand-père Georges, qui a rédigé 7 carnets pour raconter sa guerre et surtout ne pas sombrer dans l’ennui loin des siens. Imposant, aimant la bonne chère (il a eu bien du mal à descendre sous le quintal même durant la guerre) Faleur a pu tenir en rédigeant ses carnets. En faisant de la photo aussi. Il avait installé un véritable labo à Tinqueux où il tirait parfois jusqu’à 140 tirages, autant de témoignage sur ce qu’il voyait autour de lui. De belles photos Sépias ou noir et blanc.

 

Faleur a aussi pu tenir grâce à son humour prudent mais réel. Le 16 août 1915, il rapporte que Roudié est revenu de perm enchanté : « Les civils tiennent à Paris, on est certain de la victoire, toutefois les Parisiens verraient volontiers, paraît-il, Joffre au ministère de la Guerre et Galliéni généralissime ».

 

Curieux Faleur nous indique qu’il y avait un parc d’aviation à Montchenot. Il y voit six avions Caudron, deux de chasses à deux moteurs de 80 HP, qui grimpent à 4000m en 35’et quatre biplans pour la reconnaissance.

 

Il évoque le château Heidsieck Monopole de Ludes, inhabité depuis 1889 et dont il faut descendre 150 marches pour atteindre la cave ! Médecin, Georges Faleur n’oublie pas d’évoquer les horreurs de la guerre. Les 19, 20 et 21 octobre il note que les boches utilisent bien des gaz asphyxiants. « Les malades présentent les mêmes signes : une véritable soif d’air, ils halètent, demandent de l’air, qu’on leur enlève leur capote qui a le goût de chlore. Ils ont des sensations de brûlure au niveau des bronches. En quelques jours plus de 1200 malades sont évacués. Il y a 86 morts, ceux qui n’avaient pas eu de tampons (masques) ». Sans prendre aucun repos, Faleur soigne les malades, ce qui lui vaut d’être cité à l’ordre du service de santé du 38e CA.

 

Permission, affectation à Louvois puis à Ludes, entre permission, soins et récolte d’escargots, Faleur entame son neuvième carnet. Il ne sait pas que ce sera le dernier. Le 11 mai 1916 il reçoit un ordre de relève. Affecté pour l’Algérie ou le Maroc il parvient à obtenir Berck où sont sa famille et son fils Paul. Il s’occupe des jardins potagers du centre de rééducation agricole. Fin des carnets.

 

Déchirée pendant plus de deux ans, la famille se retrouve.

 

Médecin aide-major, Faleur n’a certes pas été en première ligne, mais sa contribution à la Première Guerre, à soigner, à consoler les blessés n’en a pas été moins noble.

 

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Une Ludéenne en peinture par Sobeslav Hippolyt Pinkas 1827-1901

Portrait d'Adrienne Pinkasova (1862)
Portrait d'Adrienne Pinkasova (1862)

 

Adrienne DENONCIN, née à Ludes le 05/02/1835.

Fille de Eugène Edouard Denoncin, cordonnier, et de Marie Louise Beau.

Elle épouse Sobeslav PINKAS en 1859.

 

 

Hippolytus Soběslav Pinkas est né le 7 Octobre 1827 à Prague. Il est le plus âgé des quatre enfants d'un avocat et homme politique Adolf Pinkas (1800-1865) et son épouse Caroline, née von Schauroth (1804-1885). D’après l'ascendance paternelle sa grand-mère était française.

 

Après des études à l'école secondaire, il a commencé à étudier à l'Université Charles-Ferdinand à Prague. Pendant les études, le prénom Hippolyte (français) a été ajouté à Soběslav (tchèque).

Depuis 1849, il étudie la peinture à Prague dans l'atelier de Christian Ruben, où après deux ans sur les conseils de Josef Manes, il partit étudier à l'Académie de Munich.

 

Plus tard, il part étudier en France, à Paris, où il rencontre Adrienne Denoncin de Ludes et en 1859 elle l’épouse.

Le couple a eu deux enfants, Ladislav (1863) et Georgina (1867) et en 1869 ils s’installent en Bohême. Adrienne est décédée en 1882 pendant les vacances d'été dans un chalet à Budy près de la rivière Sazava.

 

Le 30 décembre 1901, Pinkas est mort à Prague sur l' île de Kampa. Il a été enterré au cimetière de Sazava à côté de son épouse Adrienne Denoncin.

JEAN-BAPTISTE PERTOIS

 

ET LA GRANDE GRILLE DU CHŒUR

 

DE LA CATHÉDRALE de STRASBOURG

 

par HANS HAUG (extraits)

 

Reconstitution de la grille d’après le dessin et les fragments conservés

 

Portail de la grande grille du chœur de la cathédrale de Strasbourg, à son emplacement actuel, derrière l’abside.

 

La grande grille du chœur de la Cathédrale de Strasbourg a été l'objet, depuis une vingtaine d'années, de plusieurs études, consécutives à la découverte des documents d'archives précisant les circonstances de sa construction 1).

 

Depuis l'étude que nous avons consacrée à son auteur, Jean-Baptiste Pertois, serrurier et plus tard bronzier, marbrier, sculpteur et architecte à Strasbourg, quelques nouvelles données sont venues s'ajouter à notre connaissance de cette grille célèbre en son temps et dont seuls subsistent la porte centrale, mal installée au chevet de la Cathédrale, ainsi que des fragments conservés autrefois dans les ateliers de l'Œuvre Notre-Dame, aujourd'hui au Musée des Arts décoratifs du Château des Rohan.

 

La découverte d'une part d'un dessin antérieur à la Révolution, d'autre part la constatation qu'il existe de la grille une réplique simplifiée et évoluée vers le style Louis XVI dans la chapelle épiscopale de l'Eglise de Saverne, nous incite à reprendre le sujet une nouvelle fois. Nous le faisons d'autant plus volontiers dans le Bulletin des Amis de la Cathédrale que cette publication, nourrie d'études essentielles sur tous les problèmes que pose le vénérable sanctuaire, est destinée à en épuiser peu à peu à la fois l'histoire, l'inventaire et l'hagiographie.

 

Nous nous excusons si cette étude sur la grille du chœur, malgré la somptuosité de celle-ci, ne fait que figure bien modeste à côté des travaux sur des éléments plus vénérables de l'édifice, éléments dont certains comptent parmi les trésors les plus précieux de la Chrétienté.

 

Récapitulons d'abord ce que nous savons de la grande grille du choeur :

 

Nicolas Pert(h)ois, originaire de Ludes en Champagne, établi à Strasbourg depuis 1731 comme serrurier de l'Evêché, ayant exécuté les serrures, grilles et rampes du Château des Rohan, passait en 1761 un contrat avec le Grand Chapitre dont il était devenu également le serrurier attitré, pour exécution d'une grille de clôture séparant le chœur de la nef.

 

C'était deux ans après l'incendie de la toiture, éclaté en 1759 après un coup de foudre, et l'on était en train de réaménager le chœur qui avait également souffert.

 

Nicolas Pertois n'entreprit pas immédiatement l'exécution de la commande. Il semble qu'il ait attendu le retour de son fils Jean- Baptiste, qui s'attardait dans son tour de compagnonnage, probablement à Paris, dans le milieu de ses grands-parents maternels : les Jusserand-Dorival, doreurs sur métaux. C'est là qu'il s'est sans doute perfectionné dans son métier et qu'il a préparé sa future activité de bronzier. Les contemporains qui ont connu en place la grille du chœur, œuvre maîtresse de Jean-Baptiste Pertois, sont unanimes à en admirer la perfection technique.

 

Jean Baptiste PERTOIS : né le 25/10/1733 à Strasbourg, décédé le 11/11/1812

 

Bien que né en 1733, et ayant depuis 1758 atteint vingt-cinq ans, âge auquel les artisans se présentaient ordinairement à l'examen de maîtrise, c'est en 1763, donc à trente ans seulement, que Jean-Baptiste Pertois fit acte de candidature à la maîtrise des serruriers de Strasbourg, maîtrise qui formait une des sections de la puissante corporation des maréchaux.

 

Sa demande d'admission, en date du 8 août 1763, était accompagnée du projet d'un parapet de balcon qu'il demandait l'autorisation d'exécuter en guise de chef-d'œuvre. Cette autorisation, qui eût constitué une infraction à la règle, fut rejetée, et le jeune Pertois dut se conformer aux statuts, lesquels prescrivaient aux fils de serruriers établis dans la ville l'exécution d'une serrure.

 

Or les directives très précises qui furent données au candidat à la maîtrise sont exactement la traduction en allemand de la description de la serrure formulée dans le contrat de 1761 entre Nicolas Pertois et le Grand Chapitre de la Cathédrale. C'est ainsi que Pertois le fils mit en œuvre, en 1763, la commande passée à son père deux ans auparavant. Mais il devait s'écouler encore six autres années avant que la grille fût prête à être posée. Un commencement d'exécution avait eu lieu, en 1764 et 1765, lorsque, à l'automne de cette dernière année, le projet fut soumis à Jacques-François Blondel. Le célèbre architecte du roi et professeur à l'Académie d'Architecture, qui avait déjà, en 1762, joué un rôle décisif dans le choix d'un projet pour le nouveau couronnement de la croisée, séjournait à nouveau dans les murs de Strasbourg en vue d'établir son fameux projet d'aménagement de la ville qu'il publia ensuite dans son cours d'architecture. Les chanoines profitèrent de sa présence pour le conduire dans l'atelier de Pertois, et c'est lors de cette visite qu'il « changea entièrement le modèle ». Pertois reçut « ordre de faire et finir le grillage en conséquence du devis et modèle donné par le sr Blondel ».

 

La conséquence de ces modifications fut que dès 1766 le devis accepté en 1761 était largement dépassé. De 10.000 livres qu'elle devait coûter à l'origine, la grille revint, sur estimation de deux experts commis à cet effet, à 22.600 livres, somme qui fut inscrite dans les comptes de 1767 et payée à Pertois le 26 septembre 1768.

 

Fait à noter : les deux experts n'étaient point des architectes ou des serruriers, mais le graveur de la Monnaie royale, Jean Guérin, et l'orfèvre Imlin, alors le plus en vue des orfèvres strasbourgeois, ce qui prouve à quel point l'œuvre de Pertois, même inachevée, était considérée comme un travail exceptionnel. Aussi la question d'un bronzage et d'une dorure avait-elle été discutée à cette occasion (2 octobre 1766) et seules des considérations budgétaires avaient fait renoncer à ce surcroît de richesse.

 

C'est alors seulement que Jean-Baptiste Pertois, qui jusque-là était considéré comme compagnon de son père, alla solliciter de la maîtrise des serruriers l'examen de son chef d'œuvre ; celui-ci, rappelons-le, consistait simplement en une serrure. Le 28 août 1769 les quatre examinateurs jurés se transportèrent à la Cathédrale, examinèrent la serrure et naturellement aussi la grille. Leur dignité les obligea à y trouver quelques petits défauts, mais, « comme ce n'étaient pas des défauts capitaux », le candidat fut reçu.

 

Si nous connaissions fort bien, grâce aux recherches de M. Pariset et aux nôtres, l'histoire documentaire de la grille, il était regrettable que rien ne permît de se faire une idée de cet ouvrage dans son ensemble. Les vantaux du portail central sont conservés, à l'exception de la serrure, disparue pendant la Révolution et remplacée par une serrure plus simple. Des fragments retrouvés dans les réserves de l'Œuvre Notre-Dame nous conservent le décor des parties dormantes à droite et à gauche de ce portail, mais rien n'autorisait une reconstitution précise de l'ensemble qui ne mesurait pas moins de 13,50 mètres de largeur.

 

Cette lacune regrettable, nous sommes à même de la combler aujourd'hui, grâce à la découverte, à la veille de la guerre, d'un dessin antérieur à la destruction de la grille.

 

Ce dessin fait partie d'un ensemble de projets d'architecture provenant de Jean-Nicolas Villot, architecte de la Ville de Strasbourg dans la première moitié du XIXe siècle, offert en 1939 au Musée des Arts décoratifs de Strasbourg par les descendants de cet artiste.

 

Ce dessin nous montre la partie droite du portail central, son dormant couronné d'un vase et deux éléments de grille lui faisant suite à droite. Le premier de ces éléments, large, répète en plus petit le mouvement du portail ; au centre de son couronnement, on voit une composition emblématique, faite d'une croix, d'un calice et d'un livre1). Le second, étroit comme le pilastre dormant du portail, n'a pas de couronnement.

 

Le dessin est assez maladroit, et semble être l'œuvre d'un élève architecte ou serrurier, exécuté aux premiers temps de la Révolution. Car la grille présente déjà des traces de détérioration, voire de mutilation. D'une part, si une couronne subsiste au portail, nous savons par les éléments conservés qu'une couronne de prince du Saint-Empire se trouvait au- dessus des emblèmes de la partie droite. D'autre part, on voit dans l'ornement central du pilastre dormant une guirlande de roses disloquée mais complète. Au-dessous du dessin, qui mesure 55,5 sur 70 cm., se trouve l'inscription suivante d'une écriture de la fin du XVIIIe siècle : Ancienne grille du Chœur de la Cathédrale de Strasbourg.

 

Ce document, confronté avec les pièces connues de la grille, a permis la reconstitution de son dessin presque entier. Seules manquent les données sur les pièces de raccord avec les piliers de la nef, dans l'appareillage desquelles subsistent — d'un côté du moins — les tenons de fixation.

 

M. Ernest Jost, dessinateur au Service d'Architecture de l'Œuvre Notre-Dame, a bien voulu se charger de la tâche délicate qui consistait à faire concorder toutes ces données et à exécuter un dessin exact permettant d'évoquer le monument considérable qui, enfin, cesse pour nous d'être une énigme.

 

La grille reliait entre eux les deux premiers piliers orientaux de la nef. Le chœur ne se contentait donc plus d'occuper l'abside et la croisée, comme à travers tout le Moyen-âge, et jusqu'en 1681, mais il empiétait sur toute la première travée de la nef qu'on avait surélevée d'une marche.

 

Le dessin a donc permis de reconstituer à peu près entièrement le déroulement de la grille sur la largeur de la nef. Mais comme le chœur empiétait sur la nef de la profondeur de toute une travée, il fallait que les passages de cette travée vers les bas-côtés soient également clos. Existe-t-il une trace de l'existence de ce' grillage latéral ? Il semble que oui.

 

Dans les documents extraits des archives du Grand Chapitre par M. François Pariset, il est question, à la date de 1766, des « portes collatérales » qui « sont actuellement à moitié finies ». La reconstitution de la grille principale, grâce au dessin et aux parties conservées, ne permet en aucun cas de supposer des portes « collatérales » dans ses 13,50 mètres d'étendue. Par contre, le mot même de « collatérales », et non « latérales » nous permet de croire qu'il s'agit de portes donnant sur les collatéraux, c'est-à-dire sur les bas-côtés de la nef.

 

Dans quel but les chanoines du Grand Chapitre ont-ils fait exécuter cette grille. Leurs devanciers d'avant la Réforme s'étaient isolés des laïcs grâce au jubé, tribune sur arcature dont le mur de fond était plein et ne permettait aucune vue sur les cérémonies se déroulant dans le chœur. Nous savons que l'autel des fidèles (Leutaltar) était dès 1252 installé, dans la nef, devant-le jubé/Le maître-autel dont^ une gravure d'Isaac Brun (1617) nous a conservé l'aspect, datait de 1501 et était l'œuvre de Nicolas de Haguenau. Il avait survécu à la Réforme et ne disparut qu'au moment où le clergé catholique ayant repris possession de la Cathédrale fit démolir le, jubé (1682). Trois ans plus tard, le Cardinal de Furstenberg fit élever à ses frais le monumental autel à la romaine, placé sous un dais en forme de couronne royale supporté par quatre colonnes de marbre. Mais aucune grille, aucun banc de communion n'en obstruait la vue de la nef, la communion étant donnée dans la chapelle paroissiale, placée sous le vocable de Saint- Laurent.

 

Pourquoi alors cet isolement du chœur décidé en 1761? Au XVIIe siècle n'avait-on pas démoli, dans la plupart des églises qui en possédaient un, le jubé interceptant la vue sur le chœur. Cherchait-on une nouvelle manière de masquer à la foule le Grand Chapitre et le Grand Choeur? A les masquer non point entièrement, mais par une clôture ajourée qui permettait aux fidèles de suivre les offices, avec leur chatoiement de lumière et de couleurs. Nous ne saurions pas, à l'heure qu'il est, en donner d'autre explication.

 

La grande grille de la Cathédrale n'est pas restée seule de son espèce dans l'œuvre de Pertois. Quelques années plus tard, le serrurier strasbourgeois, devenu entre-temps célèbre, a exécuté pour les derniers Cardinaux de Rohan, dans l'église de Saverne, une grille de composition sensiblement pareille à celle de son œuvre maîtresse. Mais, le goût ayant évolué, ce fut dans un style Louis XVI très pur qu'il exécuta ce morceau qui est, comme son modèle, un chef-d'œuvre de ferronnerie.

 

C'est l'entrée de ce chœur, proche du château des princes-évêques de Strasbourg et dédié à la vierge, qu'était appelée à défendre la nouvelle grille.

 

Celle-ci se compose de deux dormants couronnés de vases à l'antique, réplique modernisée de deux parties de la grille de Strasbourg, et d'un portail où les sinuosités du Louis XV dans le goût de Blondel sont remplacées par des courbes franches arrêtées sur des angles droits parfois multipliés en méandres. Les rinceaux et les coquilles rocaille de Strasbourg ont fait place à des acanthes et des rosaces, et de l'importante guirlande de roses, il ne reste qu'une petite coulée rampant de part et d'autre sur le cintre principal. Des boucles ovales maintiennent la distance entre les courbes parallèles 1) et l'écusson central est remplacé par un tyrse. Un rang de postes règne à la base des vantaux.

 

Nous n'avons pu retrouver aucun document relatif à l'installation de cette grille ; pourtant la comparaison avec les autres œuvres de Pertois nous permet de la dater avec une certaine précision. La grille de la Cathédrale était achevée en 1768. Les œuvres consécutives de Pertois que l'on puisse dater avec précision, sont exécutées pour Montbéliard et pour Bâle, dans les années 1777 à 1780.

 

En juillet 1778, Pertois venait d'achever le balcon de l'Hôtel de Ville de Montbéliard, commencé sans doute un ou deux ans auparavant, lorsqu'il reçut la commande d'une rampe d'escalier pour le même édifice. Le balcon, composé surtout de grandes spirales accolées de rinceaux, est encore d'une composition rappelant le style de Blondel, donc une œuvre de transition entre le Louis XV et le Louis XVI. Pour la rampe, d'un ou deux ans postérieure, Pertois restreint l'emploi des rinceaux au profit de rosaces d'acanthe comprises dans des cercles ; il fait donc un pas décisif vers le style Louis XVI.

 

Cette évolution s'accentue encore à Bâle, dans les travaux de ferronnerie qu'il envoya de Strasbourg pour orner le balcon et le grand escalier de l'hôtel du « Kirschgarten », construit de 1777 à 1780 par l'architecte bâlois Jean- Ulrich Buchel pour Jean-Rodolphe Burckhardt. Notre ami Hans Reinhardt, qui dirige actuellement la remise en état de cette belle demeure patricienne en vue d'y installer les collections du XVIIIe siècle du Musée Historique de Bâle, a pu identifier Pertois comme l'auteur du balcon et de la rampe d'escalier 1), grâce à un des dessins que nous avions publié en 1934). S'il faut admettre que la grille fut posée vers la date de l'achèvement de l'édifice, donc en 1780 (date à laquelle un autre Strasbourgeois, le peintre Mathias Klotz, décorait au Kirschgarten le boudoir du second étage) on peut fixer le commencement de l'exécution à 1778.

 

Or la grille de Saverne dont la ligne générale reproduit la partie centrale de la grande grille de Strasbourg, comprend aussi des éléments des deux ensembles de Montbéliard et de Bâle, notamment de ce dernier où les courbes parallèles, les acanthes, les médaillons ronds ou ovales, les cercles aplatis et les postes jouent un rôle essentiel.

 

C'est donc sans nul doute aux environs de 1778 qu'il faut placer la grille savernoise. D'ailleurs, l'année suivante, le palais de Saverne devait être la proie des flammes, et le Cardinal Louis de Rohan qui, en 1779 également, succédait à son oncle le Cardinal Constantin, eut dorénavant des soucis plus urgents que la clôture du « petit choeur » de l'église.

 

Il nous reste à examiner la valeur esthétique de la grille, à défendre ou à incriminer le principe de la présence de cette œuvre du XVIIIe siècle d'une rare somptuosité dans le cadre de la nef gothique s'ouvrant sur le chœur roman.

 

La question n'est pas sans intérêt, car elle se pose pour une époque où cette sorte de querelle des anciens et des modernes était à l'ordre du jour en Alsace comme ailleurs. Les quelques faits que nous évoquerons ici diront suffisamment la complexité de ce mouvement archéologique qui annonce le romantisme. Car il y eut des cas où les milieux locaux préconisaient le goût du jour tandis qu'à Paris l'Académie d'Architecture se prononçait pour une restauration archéologique ; et presque simultanément d'autres cas où les deux camps avaient échangé leurs doctrines. Le fait s'explique facilement : la tendance parisienne, qu'elle préconisat une solution classique ou une solution gothique, était trop froide, trop académique au goût des Strasbourgeois, tandis que Paris pouvait accuser ceux-ci d'une tendresse exagérée pour la tradition locale, laquelle à toute époque, en adoptant des influences françaises, avait acheminé leur rigueur ou leur grâce vers la bonhomie ou le sentiment.

 

Nous prenons pour témoins de cet état d'esprit les quelques faits suivants :

 

Après l'incendie de la Cathédrale en 1759, qui avait détruit la toiture de la nef et la mitre couronnant la croisée, deux projets étaient en présence 1) : l'un avait pour auteur l'architecte strasbourgeois Samuel Werner et prévoyait une coupole surmontée d'un lanterneau, donc une œuvre de goût classique ou baroque ; l'autre, qui semble avoir émané de l'architecte parisien Houlié (le futur auteur du Grand Séminaire), préconisait une galerie gothique au-dessus de la galerie romane octogonale, surmontée de cet octogone tronqué qui fut exécuté en fin de compte avec quelques modifications et qui subsista jusqu'au bombardement de 1870. Il avait fallu, pour que cette solution fût admise, un voyage de Jacques François Blondel en 1762, une décision de l'Académie et même un désir exprimé par le Roi, désir qui était naturellement un ordre. Et c'étaient les Strasbourgeois qui avaient invoqué en faveur de leur solution l'exemple de la sacristie du Grand Chapitre. Ce petit édifice octogonal de style Régence avait été introduit en 1743 par l'architecte Joseph Massol avec un rare bonheur dans un angle du croisillon nord, à côté de la chapelle Saint- Laurent flamboyante. Evidemment, personne aujourd'hui en revoyant les photographies de la croisée avant 1870, ne peut trouver à cette solution de l'Académie un caractère gothique, et c'est nettement à Mansart ou à Blondel qu'on songe devant la pente de cet octogone tronqué.

 

Dix ans plus tard, en 1772, à l'occasion de la suppression des boutiques et de leur remplacement par des arcades devant les bas- côtés, les positions prises sont renversées. Peu d'années auparavant, Jacques François Blondel avait entouré les bas-côtés de la Cathédrale de Metz d'arcatures classiques qui harmonisaient la base de l'édifice avec les bâtiments qu'il érigeait alors sur la place d'armes. A Strasbourg, après des études visant une solution semblable, l'architecte de l'Œuvre Notre-Dame Jean-Laurent Gœtz leur donna des formes gothiques. Cela ne l'empêcha pas d'être vivement critiqué, de quoi il se vengea en affublant les gargouilles de perruques à la mode (1779). A la même époque (1776) fut placé dans le chœur gothique de Saint-Thomas de Strasbourg le mausolée de Maurice de Saxe, œuvre de Pigalle jugée comme le suprême aboutissement de la sculpture funéraire française.

 

On pourrait citer d'autres cas encore, tel celui du chœur néogothique de Marmoutiers, dans lequel on n'hésita pas à mettre des stalles d'un somptueux style Louis XV (1770), ou l'histoire du peintre-verrier Dannecker qui, fier d'avoir « réinventé » le vitrail polychrome à grands personnages, dont un échantillon fut posé en 1756 dans la haute nef de la Cathédrale, soumit son invention à M. d'Angevilliers, surintendant des Beaux-Arts ; le succès fut nul, car Nicolas Cochin, chargé du rapport sur la question, déclara qu'elle n'intéressait personne, vu que tout le monde voulait y voir clair tant dans les églises que dans les appartements.

 

La première moitié du XVIIIe siècle, non encore obsédée par les soucis d'archéologie, avait pourtant trouvé à Strasbourg des solutions élégantes : plus encore que le pavillon octogonal à pilastres cannelés que forme la sacristie des chanoines construite en 1743 par Massol, la façade du Château des Rohan faisant vis-à-vis au portail sud de la Cathédrale offre une somptuosité et un mouvement qui l'accorde parfaitement avec la Cathédrale lui faisant face. C'est là sans doute qu'il faut chercher la cause de l'ornementation, périmée dans l'art français de cette époque, que Robert de Cotte tint à donner au portail.

 

La grande grille de Pertois semble avoir rempli les mêmes conditions : rivalisant de richesse avec la chaire voisine qui est un des chefs-d'œuvre du goût flamboyant, avec les passages fort ornés vers les chapelles Sainte- Catherine et Saint-Laurent, elle devait avoir grand air (n'en déplaise à Huysmans et à ses adeptes) sous les voûtes de la nef baignant dans la lumière colorée des verrières.

 

Aussi les contemporains, nous l'avons dit, étaient unanimes à lui témoigner leur admiration, et c'est sur elle que se fonda la renommée européenne de son auteur.

 

La grille de Saverne, que l'on peut encore voir à sa place originale, ne fait — toutes proportions gardées — pas moins bon effet. Et pourtant, aucun de ceux qui au XIXe siècle ont écrit sur la petite résidence épiscopale, n'en a parlé, tant il était convenu qu'une œuvre d'art du XVIIIe siècle ne pouvait se supporter dans un intérieur gothique..

 

Pour la grande grille de la Cathédrale, la question ne se posait pas, car, démontée en 1792 et tombée dans le plus complet des oublis, elle échappa aux discussions des puristes, qu'ils soient d'obédience Viollet-le-Duc ou J.-K. Huysmans.

 

La grille de la chapelle de l’église de Saverne

 

 

 

L'entrée de la chapelle de la Vierge est fermée par une grille en fer forgé, de pur style Louis XVI, que Jean-Baptiste Pertois, serrurier de l'Évêché de Strasbourg depuis 1761, exécuta vers 1778, c'est-à-dire après son grand oeuvre : la grille du chœur de la cathédrale de Strasbourg (1763-1768), après le balcon de l'Hôtel de Ville de Montbéliard (1776/ 77-1778) et au temps de la pose du balcon et de la rampe d'escalier de l'hôtel du Kirschgarten à Bâle (1778-1780). L’ouvrage comporte un portail à deux vantaux à grand couronnement cintré et deux dormants surmontés de vases à l’antique. La base des vantaux est formée de postes. Le décor, de géométrie nette, anguleuse, foisonne d’acanthes, de rosaces et de roses.Bulletin Société d’Histoire et d’archéologie de Saverne (1966)