Victor Canard et Léonie Duchêne

Canard-Duchêne

 

Né à Ludes, le 4 septembre 1835, Victor François CANARD, menuisier comme son père, épouse le 22 février 1859 à Ludes, Françoise Léonie DUCHÊNE, née à Ludes le 15 avril 1840, fille de Jean Baptiste Claude DUCHÊNE, vigneron, et de Marie Jeanne BEUZART.

Peu de temps après, Victor-François Canard, décide, tout en exerçant son métier de menuisier, de vinifier et champagniser lui-même les raisins qu’il récoltait dans sa vigne. La poursuite de cette double activité était rare à l’époque. Le succès aidant, il doit choisir entre le travail du bois et le travail du raisin.

En 1868, il fonde la marque CANARD-DUCHÊNE.

 

1890 - Edmond Canard succède à Victor Canard et Léonie Duchêne, ses parents, à la tête de la maison Canard-Duchêne.

Demeuré seul à la direction de l’entreprise après le décès de son frère Alfred, homme de caractère, travailleur rigoureux et audacieux, Edmond donne à ses champagnes une renommée internationale et la maison Canard-Duchêne entre alors dans le cercle très fermé des fournisseurs du tsar Nicolas II. La marque arborera désormais sur ses étiquettes l'aigle bicéphale surmonté d'une couronne, « emprunté » à la famille impériale de Russie. Un autre emblème s’y ajoutera plus tard : le sabre, en souvenir d’une tradition napoléonienne liée au champagne.

À partir de 1930, Victor Canard, petit-fils des fondateurs, donne une nouvelle impulsion à la marque. Il s'adapte aux circuits de la distribution moderne et inscrit la maison dans son siècle. Victor Canard préside aux destinées du Stade de Reims à ses heures les plus glorieuses et s'associe à des événements majeurs comme les Jeux Olympiques de Grenoble en 1968.

Grâce aux exportations, la maison franchit la barre des 2 800 000 bouteilles annuellement. Une expansion vertigineuse (3e place sur le marché français) qui nécessite apport de capitaux. Après une brève association avec Piper-Heidsieck, la société Canard-Duchêne est vendue à Veuve Clicquot-Ponsardin, qui intègre le groupe LVMH en 1987.

Après plus de 100 ans d'histoire familiale, la Maison Canard-Duchêne est, aujourd’hui encore, la propriété d’une famille vouée à la vigne et au vin puisqu’elle intègre le groupe Thiénot en 2004, propriétaire de la marque de son nom Champagne Thiénot, des Champagnes Joseph Perrier et Marie Stuart.

 

 


Jean Pierre Arthur BARONNET

 

Né le 11 décembre 1898 à Ludes (51), marié à Nancy le 10 avril 1929 avec Marcelle Pichenet, décédé le 14 janvier 1982 à Nancy. Son père Nicolas Emile Marcel Baronnet était instituteur à Ludes.

Après des études à l'Ecole Normale d'Instituteurs, il est mobilisé en 1917 puis reprend des études à l'Institut Electrotechnique de Nancy (devenu ENSEM). Son diplôme d'ingénieur acquis, il travaille en Italie, en Grande-Bretagne, puis crée une affaire de représentation de matériel électrique pour l'industrie lourde en 1930. Il s'intéresse aux activités culturelles dès 1934 (trésorier du Cercle Artistique de l'Est remplaçant son beau-père M. Pichenet, décédé). Pendant la guerre 1939-45, il suspend ses activités pour ne pas avoir à travailler avec l'occupant et trouve un emploi à la Préfecture de Reims. Après 1945, il reprend ses activités de vente de matériel électrique pour la sidérurgie, les mines de fer et l'armée.

En 1947, il est membre de l'ALMC. En 1954, une délégation conduite par Henri Daum le sollicite pour qui prenne en mains l'ALMC qui est en mauvaise posture. Il accepte le poste de Secrétaire Général pour un temps limité, puis devient Président en 1957. En 1954-55, il organise une enquête afin de connaître les attentes du public avec, en récompense, des abonnements gratuits et des disques à gagner offerts par Martin et Cie...

Auprès de J. Baronnet, deux personnes s'activent : Olivier Vincienne, trésorier efficace, représentant en produits industriels et roulements, et Suzanne Nicolas, professeur privé de chant et dévouée secrétaire.

A une base de 6 ou 7 concerts d'abonnements il ajoute 3 à 4 concerts supplémentaires d'abonnement, et des concerts "de gala" publics.

Rétrospectivement, bien des concerts d'abonnement, volontairement limités aux seuls abonnés, auraient pu être de formidables événements capables de drainer un large public (citons par exemple Pierre Fournier, Arthur Grumiaux, Lili Kraus).

Les concerts de gala et publics ont permis de renflouer les caisses de L'Association. Lors du concert W. Kempff en 1955, il y avait des chaises sur l'estrade de la Salle Poirel et 200 personnes ont été refusées.

Une anecdote révèle le caractère combatif de J. Baronnet : la programmation de Wilhelm Kempff ayant été fort discutée au Comité, il déclara : " si ce concert est en déficit, je paierai".

Des moments forts ont été de 1958 à 1965 les manifestations organisées avec le Comité des Fêtes de la Ville de Nancy animé par Jacques Huriet (voir les tableaux «Grande Saison»).

Tant par la qualité des artistes que par le nombre et la diversité des modalités de production, l'époque Baronnet pourrait passer pour l'âge d'or de l'ALMC.

Jean Baronnet fut Secrétaire Général puis Président de l'ALMC de mai 1954 à juin 1967. Pendant ces 13 ans il a organisé près de 140 concerts, soit plus d'un tiers des 400 concerts proposés en 50 ans.

 


Louis Émile Dérodé

 

Louis Émile Dérodé, né à Reims le 20 mai 1812, mort à Ludes (Marne) le 21 mars 1864.

D’une vieille famille commerçante de Reims, était le neveu de Linguet, le publiciste connu du XVIIIe siècle. Il fit son droit à Paris, se fit inscrire au barreau de Paris, puis à celui de Reims, où il devint bâtonnier de l’ordre, et épousa la fille de M. Leroy-Myon, ancien député de Reims en 1834. Président du comité électoral d’opposition à Reims, il se présenta, le 1er août 1846, dans le 2e collège de la Marne contre le député sortant, M. de Bussières, mais il échoua avec 216 voix contre 256 données à son concurrent. Il présida le second banquet réformiste de Reims en 1847, et fut élu, le 23 avril 1848, représentant de la Marne à l’Assemblée constituante, le 5e sur 9, par 70589 voix sur 93164 votants et 101527 inscrits. Il prit place à la gauche modérée, fut membre du comité de législation, et, après l’élection de L. Napoléon à la présidence de la République, combattit sa politique personnelle.

 

Non réélu à l’Assemblée législative, il reprit sa place au barreau de Reims, et tenta vainement deux fois, sous l’Empire, de rentrer au parlement : le 29 février 1852, il n’obtint dans la 3e circonscription de la Marne, comme candidat d’opposition au Corps législatif, que 1102 voix contre 18311 données à l’élu, M. Soullié ; et le 22 juin 1857, il échoua de nouveau dans la même circonscription avec 546 voix, contre 15995 données à l’élu, M. Carteret, 2545 à M. Werlé, et 2000 au général Cavaignac.

 

 

 

Arrière-petit-neveu de Simon-Nicolas-Henri Linguet, il épousa Marie Virginie Le Roy (1824-1894) et repose au Cimetière du Nord.

 

 

 

Jacques Nicolas Toussaint COUTURE

 

Il est né le 1er novembre 1773 à Ludes et décède à Ludes le 28 mars 1838. Il s’engage dans l’armée comme soldat au 1er bataillon de Reims, le 23 août 1793, il n’a pas 20 ans.

Il commence les campagnes de la révolution de 1793 à l’an 9. Puis de l’an 10 à l’an 14 sur les côtes de l’océan.

De 1806 à 1814 il participe aux campagnes napoléoniennes.

Blessé d’un coup de feu  à la jambe droite le 16 juin 1794 à la bataille de Fleurus près de Charleroi.

Blessé d’un coup de feu à la cuisse gauche le 4 octobre 1800 à la bataille de Hoheinlinden en Bavière (bataille gagnée et commandée par Moreau, livrée contre les autrichiens)

Il est nommé caporal le 10 décembre 1800, sergent le 17 novembre 1801 et sergent major le 12 mars 1804.

Il participe à la bataille d’Ulm en octobre 1805 et d’Austerlitz le 2 décembre 1805.

Le 14 octobre 1806 c’est la bataille d’Iéna en Allemagne.

Le 8 février 1807 bataille d’Eylau où il est blessé d’un coup de feu au bras gauche.

Le 14 juin 1807 bataille de Friedland.

Le 22 avril 1809 bataille d’Eckmühl où il est blessé d’un coup de feu à la cuisse droite.

Il a dû se battre comme un lion, ou bien les pertes sont énormes, il est nommé sous-lieutenant le 23 avril 1809.

Les 5 et 6 juillet 1809, c’est la victoire de Wagram contre l’armée autrichienne.

Il est nommé lieutenant le 28 décembre 1810 puis adjudant major le 16 août 1811.

Il participe à la retraite de Russie en 1812 et aux campagnes d’Allemagne en 1813 et 1814.

Il est nommé capitaine le 16 février 1813.

En 1814 il participe aux combats d’avant-poste de Hambourg. Il est blessé  d’un coup de feu au rein et d’une contusion à la hanche droite le 9 février 1814 en commandant le 1er bataillon du régiment.

Il a été décoré du Lys le 20 juillet 1814. (Le comte d’Artois créa, le 26 avril 1814, la Décoration du Lys)

Cet officier a été deux fois mis à l’ordre du 13è Corps d’Armée et a reçu deux lettres de félicitation du prince d’Echmühl pour s’être particulièrement distingué aux affaires qui ont eu lieu au blocus de Hambourg.

Jacques Nicolas Toussaint COUTURE a été nommé Chevalier de la Légion d’Honneur au passage du Roi à Abbeville le 20 mars 1815.

Il s’est marié à Cysoing (59) le 12 septembre 1816 avec Marie Suzanne COUVREUX.

Ils ont eu deux fils, Jean Baptiste Léopold COUTURE, né à Chigny les Roses le 21 octobre 1817, Jean Baptiste COUTURE, né à Ludes le 30 janvier 1834 mais décédé le 17 février 1836, et cinq filles dont quatre décédées en bas âge.

 

 

Georges FALEUR

 

Grâce au Dr François Faleur de Reims, nous avons pu suivre le périple de son grand-père Georges, qui a rédigé 7 carnets pour raconter sa guerre et surtout ne pas sombrer dans l’ennui loin des siens. Imposant, aimant la bonne chère (il a eu bien du mal à descendre sous le quintal même durant la guerre) Faleur a pu tenir en rédigeant ses carnets. En faisant de la photo aussi. Il avait installé un véritable labo à Tinqueux où il tirait parfois jusqu’à 140 tirages, autant de témoignage sur ce qu’il voyait autour de lui. De belles photos Sépias ou noir et blanc.

 

Faleur a aussi pu tenir grâce à son humour prudent mais réel. Le 16 août 1915, il rapporte que Roudié est revenu de perm enchanté : « Les civils tiennent à Paris, on est certain de la victoire, toutefois les Parisiens verraient volontiers, paraît-il, Joffre au ministère de la Guerre et Galliéni généralissime ».

 

Curieux Faleur nous indique qu’il y avait un parc d’aviation à Montchenot. Il y voit six avions Caudron, deux de chasses à deux moteurs de 80 HP, qui grimpent à 4000m en 35’et quatre biplans pour la reconnaissance.

 

Il évoque le château Heidsieck Monopole de Ludes, inhabité depuis 1889 et dont il faut descendre 150 marches pour atteindre la cave ! Médecin, Georges Faleur n’oublie pas d’évoquer les horreurs de la guerre. Les 19, 20 et 21 octobre il note que les boches utilisent bien des gaz asphyxiants. « Les malades présentent les mêmes signes : une véritable soif d’air, ils halètent, demandent de l’air, qu’on leur enlève leur capote qui a le goût de chlore. Ils ont des sensations de brûlure au niveau des bronches. En quelques jours plus de 1200 malades sont évacués. Il y a 86 morts, ceux qui n’avaient pas eu de tampons (masques) ». Sans prendre aucun repos, Faleur soigne les malades, ce qui lui vaut d’être cité à l’ordre du service de santé du 38e CA.

 

Permission, affectation à Louvois puis à Ludes, entre permission, soins et récolte d’escargots, Faleur entame son neuvième carnet. Il ne sait pas que ce sera le dernier. Le 11 mai 1916 il reçoit un ordre de relève. Affecté pour l’Algérie ou le Maroc il parvient à obtenir Berck où sont sa famille et son fils Paul. Il s’occupe des jardins potagers du centre de rééducation agricole. Fin des carnets.

 

Déchirée pendant plus de deux ans, la famille se retrouve.

 

Médecin aide-major, Faleur n’a certes pas été en première ligne, mais sa contribution à la Première Guerre, à soigner, à consoler les blessés n’en a pas été moins noble.

 

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Une Ludéenne en peinture par Sobeslav Hippolyt Pinkas 1827-1901

Portrait d'Adrienne Pinkasova (1862)
Portrait d'Adrienne Pinkasova (1862)

 

Adrienne DENONCIN, née à Ludes le 05/02/1835.

Fille de Eugène Edouard Denoncin, cordonnier, et de Marie Louise Beau.

Elle épouse Sobeslav PINKAS en 1859.

 

 

Hippolytus Soběslav Pinkas est né le 7 Octobre 1827 à Prague. Il est le plus âgé des quatre enfants d'un avocat et homme politique Adolf Pinkas (1800-1865) et son épouse Caroline, née von Schauroth (1804-1885). D’après l'ascendance paternelle sa grand-mère était française.

 

Après des études à l'école secondaire, il a commencé à étudier à l'Université Charles-Ferdinand à Prague. Pendant les études, le prénom Hippolyte (français) a été ajouté à Soběslav (tchèque).

Depuis 1849, il étudie la peinture à Prague dans l'atelier de Christian Ruben, où après deux ans sur les conseils de Josef Manes, il partit étudier à l'Académie de Munich.

 

Plus tard, il part étudier en France, à Paris, où il rencontre Adrienne Denoncin de Ludes et en 1859 elle l’épouse.

Le couple a eu deux enfants, Ladislav (1863) et Georgina (1867) et en 1869 ils s’installent en Bohême. Adrienne est décédée en 1882 pendant les vacances d'été dans un chalet à Budy près de la rivière Sazava.

 

Le 30 décembre 1901, Pinkas est mort à Prague sur l' île de Kampa. Il a été enterré au cimetière de Sazava à côté de son épouse Adrienne Denoncin.