28 janvier 1872

         Le Maire, considérant que l'instituteur, en remplissant les fonctions de Clerc Paroissial, est contraint de s'absenter trop souvent de sa classe, qu'il serait urgent, vu le nombre des offices religieux pendant la semaine, de le dispenser de remplir les susdites fonctions, et que pour les intérêts de ce fonctionnaire ne soient pas lésés, Monsieur le Maire propose d'augmenter le traitement fixe de l'instituteur afin de compenser la perte du casuel et du traitement de clerc-chantre.

         Le Conseil décide :

- qu'à l'avenir, l'instituteur ne quittera plus sa classe pour aller remplir les fonctions de clerc-chantre,

- d'augmenter son traitement fixe au chiffre de 1400F.

 

18 février 1872

         Le conseil demande au Préfet l'autorisation d'enlever les monuments funèbres existant dans l'ancien cimetière afin de transformer celui-ci en place communale gazonnée.

         Le Conseil fait obligation aux personnes extrayant des pierres sur les terrains communaux longeant la route de Ville-en-Selve qui est en construction, de vendre ces pierres à la commune et non à des particuliers.

 

8 mai 1872

         Suite à la délibération du Conseil de Fabrique acceptant un don de 3000F de Monsieur Abelé de Muller pour la construction d'une sacristie sur une partie de l'ancien cimetière, le Conseil décide d'attribuer 300F à l'entreprise qui fera les travaux pour la démolition de l'ancienne sacristie, les matériaux de construction récupérés devant servir à la nouvelle sacristie. (pas d'indication où se trouvait l'ancienne sacristie).

 

16 mai 1872

         M. ASTOIN, ex-propriétaire et négociant de Ludes, actuellement domicilié à New-York, États Unis, fait un don de 500F pour être distribué à titre de secours aux indigents de la commune.

         En remerciement, le conseil décide d'envoyer une lettre à M. ASTOIN et que la translation gratuite des cendres de M. ASTOIN fils, inhumé dans l'ancien cimetière, aura lieu avec pompes dans un terrain du nouveau cimetière, concédé gratuitement et à perpétuité.

 

Ci-dessous le monument dédié à la famille ASTOIN.

Le texte gravé sur la colonne est :

A la mémoire de Monsieur Charles Félix ASTOIN, bienfaiteur des pauvres de Ludes, décédé à New-York en 1885. La commune de Ludes reconnaissante.

Ici repose Charles Alphonse ASTOIN, son fils décédé à Ludes le 16 septembre 1839, à l’âge de 3 ans.

 

 

16 mai 1872

         Le Conseil délibère sur le prix des locations des terres de la montagne. - Les tuiliers qui tireront de la terre, 0.25 F le m3 ou sur abonnement annuel pour la somme de 25 F par moule.

- Les tuiliers qui tireront des sables, 0.25 F le m3 ou sur abonnement annuel, 6.25 F par moule.

- Les terres grasses ou glaises, 0.25 F le m3.

- Les pierres à chaux ou meulières, 0.25 F le m3.

- Les sablières de la Gueule du Craon, Grand Marais, La Cendrière, Chêne du Mont, seront louées. Les habitants ne paieront pas un prix supérieur à 0.25 du m3 pour le sable ordinaire et 1 F pour le sable de choix, rouge ou blanc.

 

Dénombrement de la population de 1872. Le secrétaire de mairie a fait seul les démarches au domicile de chaque habitant.

 

18 juillet 1872

         Le conseil décide de construire une salle de classe pour les garçons au fond de la cour de la maison commune pour une somme de 8000 F.

         Le Maire fait connaître qu'une somme de 2010 F a été allouée à la commune pour être répartie entre les habitants de Ludes qui ont été requis de loger l'ennemi lors de son cantonnement dans la commune.

 

1 mars 1873

         Les puits creusés pour extraire la terre glaise afin d'alimenter les tuileries, avaient une ouverture de plus ou moins 1 mètre. La profondeur des puits étaient établis entre 13 et 16 mètres. Les galeries horizontales pouvaient avoir de 12 à 15 mètres de longueur avec un diamètre d'environ 3 mètres suivant l'épaisseur de la couche d'argile.

         La couche de glaise propre à la fabrication des tuiles est de quatre sortes ou natures, appelées ainsi dans la localité :

         1° Chair d'âne : épaisseur de 0,30m à 0,50m

         2° Brune : 0,20m à 0,25 m

         3° Loussiaux : 0,15m à 0,25m

         4° Terre forte ou terre de pipe : 0,60m à 0,85m

D'autres puits avaient des terrains différents.

         1° Calcaire : 3m33

         2° Saine décombre : 1m

         3° Cendrasse : 0,50m

         4° Glaise sablonneuse ou fions : 5m17

 

6 avril 1873

         Décision de raser la mairie qui menace ruine pour en construire une nouvelle avec le logement de l'instituteur, ainsi qu'une salle de classe dans le fond de la cour, et aussi de rehausser l'école des filles d'un étage.

 

11 janvier 1874

         Achat d'une pierre à eau pour le hameau du Craon de Ludes pour une somme de 335 F.

         La pompe à incendie de la commune est vétuste, un des deux pistons est usé. La commune n'ayant pas les moyens d'en acheter une autre (à cause des dettes qu'elle a du fait de l'invasion étrangère), elle demande au préfet une forte indemnité sur les fonds de la caisse centrale des incendiés.

 

9 août 1874

         Suite à la demande adressée à Monsieur le Préfet par Monsieur GARITAN, à l'effet d'obtenir une bourse pour son fils Charles Octave Eugène admis à entrer à l'école normale primaire de Châlons et laquelle doit être revêtue de l'avis du Conseil Municipal, celui-ci vote son accord à l'unanimité.

 

8 décembre 1874

         Nouveau conseil (pas de Maire, Mr. PETIT en fait fonction)

PETIT-ALEXANDRE ; HURE-MOLARD - PERTHOIS Eugène ; DUCHATEL Henri ; CAQUEZ Syllas ; LABEY-CHAUVET ; DEROZIER-GUIDOT ; VIRET Emile ; CANARD-DUCHENE ; ADNET-HURE ; QUENARDEL-BRACQUEMART ; ABELE de MULLER

 

14 février 1875

       La commune lance une souscription auprès de ces habitants pour l'achat d'une nouvelle pompe à incendie. Cette souscription volontaire a rapporté 688,80F.           

  

6 mai 1875

         Dans l'impossibilité ou se trouve un seul garde champêtre de parcourir entièrement tout le territoire, le Conseil  sollicite de Monsieur le Préfet la nomination au titre de garde champêtre suppléant du sieur Jean Marie BARROIS déjà exerçant les fonctions de cantonnier communal.

 

24 mai 1875

         Visite de l'archevêque de Reims à l'occasion de la confirmation.

Le Conseil décide d'élever, au frais de la commune, un arc de triomphe qu'on placera au commencement de la Grande Rue du village vers le nord.

 

14 novembre 1875                

         Le Conseil demande au Préfet de convoquer les électeurs de Ludes afin d'élire 4 membres du Conseil en remplacement de ceux qui n'ont pas accepté le mandat qui leur a été dévolu, soit : Mrs HURE et DEROZIER qui ont donné leur démission écrite et Mrs CANARD et QUENARDEL qui n'ont répondu à aucune des convocations qui, depuis qu'ils ont été élus, leur ont été faites régulièrement.

 

9 avril 1876

         Le Conseil fixe les dépenses et ressources se rattachant aux cours d'adultes de l'hiver 75-76. Un seul cours pour les garçons qui a été fréquenté par 28 élèves, qui a commencé le 15 novembre 1875 pendant 10 heures par semaine et a duré 3 mois. Instituteur : Félix LEMOUSSU.

 

6 août 1876

         La commission départementale accorde à la Fabrique de Ludes une subvention de 100 F sur le fonds commun des amendes de police correctionnelle pour être employée à l'achat d'une portion du mobilier de la sacristie.

 

8 octobre 1876

         Installation des nouveaux élus : BAUDET-LEROY ; Félix JUPIN ; QUENARDEL-BOURGUIGNON ; Léon MONMARTHE

         Election du Maire : PETIT-ALEXANDRE au 2e tour.

         Adjoint : LABEY-CHAUVET au 3e tour.

 

26 mars 1877

         Agrandissement du cimetière (doublement de la surface vers le nord).

 

1877

       Canton de Verzy, certificat d'études primaires.

Sont reçus pour Ludes :

Jean baptiste DERVIN, Léon QUENARDEL, Julie QUENARDEL, Noélie PETIT.

 

4 juin 1877 (Courrier de la Champagne, journal de Reims du 4 juin 1877)

       M. de Barthélémy, conseiller général et président de la délégation scolaire du canton de Verzy, accompagné des membres de la délégation, dont fait partie M. le maire de Ludes et plusieurs membres du conseil municipal et de M. le curé, a donné à Melle Fourché, institutrice à Ludes depuis vingt-six ans, la médaille qui lui a été décernée par le Conseil Général de la Marne.

 

26 juin et 1er juillet 1877 (Courrier de la Champagne, journal de Reims du 9 juillet 1877)

      Un concours de tir à eu lieu dans la commune sous la direction de M. E. Chandelot de Mailly, membre correspondant de la Société de Tir des communes de France.

Résultats :

1er prix : Edouard Abelé de Muller, agriculteur

2e : M. Lemoussu, instituteur

3e : M. Frédéric Beuzart, propriétaire

4e : Henri Abelé de Muller, officier d'artillerie de réserve

5e : M. Louis Foureur, vigneron

6e : M. Duchâtel-Ribaille, propriétaire

7e : M. Ribaille-Huré, propriétaire

8e : M. Léon Monmarthe, propriétaire

 

21 juillet 1877 (Police correctionnelle de Reims - Journal "Echo")

       Marie Marguerite PETIT, femme ADAM, manouvrière, demeurant à Ludes, et Jean Joseph DUCHESNE, vigneron demeurant à Chigny, reconnus coupables d'avoir à différentes reprises à Ludes, commis le délit d'outrage public à la pudeur, s'entendent condamner : la femme Adam à trois mois de prison, et Duchesne à 24 heures de la même peine.

 

23 juillet 1877

       Un habitant de Ludes a écrit au "Progrès de la Marne" pour indiqué que le nommé Pichot, facteur rural du bureau de Rilly-la-Montagne, faisant sa tournée, a trouvé, en sortant de Chigny, un portefeuille contenant 600 fr. en billets de banque, pour 5 à 6.000 fr. valeurs diverses et plusieurs autres papiers. Il s'est empressé de rechercher le propriétaire de ce portefeuille et de le lui rendre.

 

6 août 1877

       Par arrêté de M. le Préfet, Philogène Ernest SAINTIN est admis à suivre les cours de l'école normale primaire de Châlons à partir de la rentrée 1877.

 

23 septembre 1877 (Courrier de la Champagne, journal de Reims)    

        La société de gymnastique l'Ancienne, de Reims, est venue donner une séance à Ludes. La Fanfare du village, conjointement avec la société de gymnastique en formation, est allée recevoir la société à l'entrée du pays. Après quelques compliments chaleureux de part et d'autre, les sociétés se sont rendues chez M. Abelé, qui leur a généreusement offert le vin d'honneur. On s'est rendu ensuite| à l'endroit où étaient disposés les appareils. Les vaillants gymnastes ont fait défiler sous nos yeux charmés, pendant deux heures, tout leurs prodiges d'adresse et de force. Leur bannière, chargée de médailles et d'une couronne noblement conquise, nous était, du reste, un sûr garant de leur beau travail. Les applaudissements bien mérités de la nombreuse foule qui les admirait, ne leur ont pas fait défaut. Le soir, chez M. Abelé, un banquet réunissait l'Ancienne et la nouvelle société.Plusieurs toasts ont été portés, arrosés par le Champagne que M. Abelé sait si bien fabriquer et si gracieusement offrir. En quelques mots bien sentis, M. Abelé a remercié l'Ancienne de sa visite au pays et du concours qu'elle prête aux nouveaux gymnastes. Le chef de l'Ancienne, prenant ensuite la parole, a remercié les jeunes gens de leur bienveillant accueil, et a fait brièvement comprendre aux nouveaux adeptes que la gymnastique, seule, pouvait faire d'un homme débile et sans énergie, un homme fort et vigoureux. Le fondateur, à qui la nouvelle société doit son organisation, a remercié M. Abelé et l'Ancienne qui ont, par leur concours, facilité sa tâche, en mettant sous les yeux de tous les bienfaits de la gymnastique.

 

27 octobre 1877 (Courrier de la Champagne, journal de Reims)

       Sur la demande de Mr E. de Barthélémy, conseiller général, le ministre a accordé trente casques pour les sapeurs-pompiers. 

 

21 janvier 1878

         Election du Maire

         CAQUEZ-MARENDON ; DUCHATEL-RIBAILLE ; Eugène PERTHOIS ; CANARD-DUCHENE ; Edmond QUENARDEL ; Félix JUPIN ; BAUDET-LEROY ; Victor GOUGELET ; Léon MONMARTHE ; Honoré CHEART ; BEUZART-BILLY ; Alexandre PETIT

         Maire : DUCHATEL-RIBAILLE au 1e tour

         Adjoint : CANARD-DUCHENE au 1e tour

 

11 avril  1881

Journal officiel – Débats parlementaires - M. Thomas, rapporteur.

Pétition n° 2694. (Déposée par M. THOMAS député de la Marne) - Les tuiliers-briquetiers du Cran de Ludes, se plaignent de ce que, par une application de la loi du 10 mat 1874, article 7, section 3, l'inspecteur garde mine de la Marne, chargé de la surveillance du travail des femmes et filles mineures dans les travaux souterrains, a formellement interdit l'emploi de ces dernières dans les puits servant à extraire l'argile nécessaire à la fabrication de leurs produits. Ils demandent que les mesures nécessaires soient prises pour remédier, disent-ils, à la fâcheuse situation que crée cette loi à leurs modestes industries et aux ouvriers qui y travaillent.

 

Motifs de la commission. — La situations des pétitionnaires est très digne d'intérêt. Des renseignements établissent d'une façon précise que les ouvriers travaillent en famille dans les puits qui servent à l’extraction de l'argile. Le maire de Ludes affirme qu’aucun accident sérieux n'a jamais été signalés. Les femmes et les enfants qui se livrent à ces travaux pendant deux mois de l'année ne peuvent trouver pendant ce temps aucune autre occupation sérieuse et rémunératrice. En leur imposant l'interdiction absolue de s’y livrer, le garde mine n'a-t-il pas outrepasser la volonté du législateur ? Pour ces divers motifs, la 23e commission propose le renvoi de la pétition à M. le ministre des travaux publics.

 

27 juillet 1882 – Journal : L’Indépendant Rémois

 

François Durot, berger à Ludes, passant vers le soir sur la route de Reims à Louvois, vit à terre une petite boite entr’ouverte qu’il ramassa ; un objet d’orfèvrerie qu’elle contenait s’en était échappé. Il remit le tout entre les mains de M. le maire de Ludes qui le tient à disposition de son propriétaire.

 

7 août 1882 – L’Indépendant Rémois

Craon de Ludes : un vol a été commis dans l’après-midi du 4/8 au domicile de M. Caquez-Sylas. Des malfaiteurs, après avoir escaladé le mur de clôture du jardin, se sont introduits dans la chambre à coucher en brisant un carreau de la croisée pour l’ouvrit. Après avoir fracturé l’armoire, ils ont emporté tout ce qu’ils ont pu de mobilier, chemises d’hommes, vêtements de dame, chaussures, etc… L’arrivée de la maîtresse de la maison les aura sans doute dérangés, car un meuble renfermant d’autres objets précieux n’a pas été touché. Les voleurs sont sortis par la porte du jardin qu’on a trouvé ouverte de l’intérieur.

 

28 septembre 1882 – L’Indépendant Rémois

Comme les années précédentes, et surtout à l’occasion de la fête patronale de Mailly, M. l’instituteur de Ludes, très soigneux de la propagation du tir dans nos campagnes, en vue d’encourager la jeunesse à ces exercices, a organisé un concours de tir à la carabine auquel prirent part non seulement ces jeunes gens, mais encore tous les amateurs de tir de Ludes, Mailly et Chigny.

 

Voici les premiers du classement :

1 Darsonval Victor, Ludes, 260 points

2 Martin Léon, Mailly, 220 pts

3 Monmarthe Ernest, Ludes, 220 pts

4 Bouy Eugène, Mailly, 220 pts

5 Quenardel Marceau, Ludes, 220 pts

6 Chance Gaston, Mailly, 200 pts

7 Delabruyère Eugène, Ludes, 200 pts

8 Labey Ernest, Ludes, 180 pts

9 Prévost Daire, Chigny, 180 pts

10 Perthois Eugène, Ludes, 180 pts

11 Quenardel Léonce, Chigny, 180 pts

 

29 mars 1883 Journal LE SIECLE N° 19265

          Assassinat et suicide – La commune de Ludes (Marne) vient d’être le théâtre d’un drame affreux qui a jeté la population dans la consternation.

 

La dame Adélaïde B … (Jeanne Marie Adélaïde BAHUET, née à Sillery le 18 août 1828, décédée à Ludes le 8 avril 1903) était en instance de séparation de corps avec le sieur Florémond Jorez, son mari. (Eugène Florémond JOREZ, né à Ludes le 29 février 1828, décédé à Ludes le 22 mars 1883) Les premières formalités étaient accomplies, elle s’était retirée chez l’un de ses fils, qui habite la même commune, et les scellés avaient été apposées par le juge de paix. L’inventaire devait être fait le jour même.

 

A cet effet, le juge de paix, accompagné de son greffier, se présente vers neuf heures du matin à la porte ; elle était fermée. Ils se rendirent au domicile du fils et trouvèrent le sieur Jorez causant tranquillement, les mains dans ses poches, avec sa femme.

 

Toutes les personnes présentes se rendirent au domicile des époux. Il faisait froid, on voulut faire du feu ; la femme monta au premier étage pour y chercher une pelle à braises. Son mari y monta derrière elle, et, un instant après les personnes qui étaient en bas entendirent plusieurs coups sourds ; soudain, la femme descendit précipitamment l’escalier saignant abondamment à la tête et criant : « le malheureux ! il m’a tuée » Puis, en courant, elle alla se réfugier chez un voisin. Le juge de paix la suivit : elle avait reçu un coup de révolver au-dessus du nez près de l’œil gauche, le sang coulait abondamment. On lui prodigua les premiers soins en attendant l’arrivée d’un médecin que le maire, prévenu en toute hâte, avait envoyé chercher.

 

Pendant ce temps, le maire, le juge de paix, son greffier et plusieurs personnes accourues montèrent au premier étage et trouvèrent le malheureux Jorez étendu sur le plancher, dans une mare de sang et rendant le dernier soupir. Il avait la tête fracassée de trois balles : deux au front, la troisième à la tempe droite. A côté et à portée de sa main était un révolver qu’il avait acheté tout récemment ; deux coups étaient encore chargés.

 

La balle reçue par la femme est sortie par le nez. M. Gibert, médecin, pense que la blessure n’est pas très grave et que, vu la bonne constitution de cette femme, elle sera promptement guérie.

28 mars 1884 – Journal « L’Indépendant Rémois »

 

 

 

11 avril 1884 – Journal L’Indépendant Rémois

 

LUDES. — Œuvres de patriotes. — Mme veuve Pommery, propriétaire à Chigny et membre de l’Union des femmes de France, vient d’adresser à M. le Maire de Ludes, une lettre remplie des meilleurs sentiments de charité patriotique, dans laquelle elle regrette de n’avoir pas été informée du passage à Chigny de la cavalcade de Ludes, le 30 mars dernier et lui annonçant qu’elle allait remettre la somme de 40 fr. à Mme Delius, présidente de l’Œuvre, au nom des jeunes gens de Ludes qu’elle remercie d’aider ainsi à procurer le bien-être à nos soldats du Tonkin. M. le maire de Ludes a adressé à Mme Pommery les remerciements les plus sincères au nom de toutes les personnes qui ont organisé la cavalcade et qui en ont fait partie. Prochainement, un reliquat de 80 francs environ, sera versé pour la même œuvre ; ce qui, y compris un premier versement de 500 francs, fera un total de 620 francs.

 

9 mai 1884 – Journal « L’Indépendant Rémois »

Le Maire de Ludes informe le public que, suivant testament en date du 26 janvier 1884, un legs de 5,600 francs a été fait au profit des pauvres de la commune de Ludes par M. Astoin Félix, décédé à New-York (Etats Unis d’Amérique). Les héritiers du dénommé qui auraient des réclamations à présenter sont invités à les adresser à M. le Préfet de la Marne, dans le plus court délai.

 

15 mai 1884 – Journal « L’Indépendant Rémois »

 

Chasse prohibée – Malgré quatorze condamnations antérieures pour le même délit, Arsène Petit ne peut se résoudre à ne pas tendre de lacs. Petit ou gros gibier, tout lui est bon, et dans ses tentatives, il est aidé par sa mère qui, elle-même, a déjà subi trois condamnations ; en outre, la femme Malvy, qui a voulu acheter un lièvre à ces braconniers, est inculpée aussi avec eux.

 

Ils sont condamnés, Petit à quatre mois de prison et 400 frs d’amende, sa mère à deux mois et 50 frs, la femme Malvy à 50 frs d’amende.

 

19 août 1884 – Journal L’Indépendant Rémois

Examen des aspirants au certificat d’études. CANTON DE VERZY

Garçons reçus. — Note très bien : Désiré Laurent, de Villers-Marmery. Jules Cousin, de Thuisv. Albert Collinet, de Chigny. Louis Duchesne, de Chigny. Jules Romagny, de Ludes. Arsène Jacqueminet, de Thuisv. Olivier Baudran, de Mailly. Albert Lefèvre, de Villers Allerand. Georges Robin, de Sillery.

 

Note bien : Paul Philippot, de Verzy. Emile Quatresols, de Ludes. Emile Pelletier, de Verzenay. Achille Clément, de Thuisy. Paul Bongrain.de Verzy. Emile Eveloy, de Villers-aux-Nœuds. Emile Launois, de Ludes. Emile Everling, de Villers Allerand. Alfred Menu, de Rilly-la-Montagne. Georges Langlais, de Villers-aux-Nœuds. Jules Remv, de Villers-Allerand. Raoul Moriset, de Verzenay. Léon Colsenet, de Courmelois. Emile Gomard, de Verzenay. Léon Prompsy, de Villers-Allerand. Adolphe Fagot, de Rilly-la-Montagne. Gaston de Paepe, de Verzenay. Léon Brassart, de Villers-Marmery. Gaston Bouv, de Verzy. Auguste Mignon, de Villers-Allerand. Jules Herbin, de Trépail.

 

Note assez bien : Victor Bettendorf, de Rilly. Paul Bidon, de Puisieulx. Henri Chauvet, de Rilly. Auguste Denizart, de Rilly.

 

Filles reçues. — Note très bien : Eugénie Boquet de Villers-Allerand. Florence François, de Ludes. Eugénie Jossé, de Verzy, école publique. Ida Ponsard, de Viilers-Allerand. Lucie Maupot, de Verzy, école libre.

 

Note bien : Blanche Ledure, de Chigny. Léonie Haumont, de Verzenay. Flora Dumangin, de Ludes. Marie Guérin, de Verzenay. Lucie Arnould, de Verzy, école publique. Augusta Jaloux, de Verzenay. Louise Lecompère, de Thuisy. Herminie Texier, de Verzenay. Jeanne Mobillion, de Villers-aux-Nœuds. Jeanne Parinet. de Villers-Allerand. Berthe Colson, de Verzy, école publique. Louise Lallement, de Verzenay. Léopoldine Beaufort, de Trépail. Lucie Blanchard, de Sillery. Denise Jacqueminet, de Thuizy. Angèle Gobert, de Trépail, Amélina Hautem, de Sept Saulx. Louise Oudard, de Verzy, école libre. Léona Rome, de Verzy, école libre. Berthe Feneuille, de Verzy, école publique. Zélie Remy, de Mailly. Maria Lapinte, de Sept-Saulx.

Note assez bien : Clara Bauchet, de Mailly.

 

27 septembre 1884 – Journal L’Indépendant Rémois

Ludes - Le 25 courant, vers 4 heures du soir, le sieur Adam, âgé de 80 ans environ, s’est volontairement noyé sur la montagne de Ludes on se jetant dans une ancienne carrière remplie d'eau. Il avait manifesté son intention quelques instants auparavant en achetant, chez un débitant du Craon de Ludes, une chopine d’eau de vie qui a été retrouvée vide auprès de lui. On ne peut attribuer ça détermination qu’à la misère.

 

7 novembre 1884 - Journal L’Indépendant Rémois

Ludes. — Mardi, 4 novembre dernier, un regrettable accident est arrivé dans notre commune. M. Labey Paulin conduisait une petite voiture à quatre roues, attelée d’une jument qui prit tout à coup le mors aux dents à l’entrée du village. Pour comble de malheur, les rênes se rompirent et la jument livrée à elle-même, continua sa course d’une rapidité vertigineuse. Arrivé à un tournant une des roues de la voiture monta sur une borne. La voiture fut renversée quelques mètres plus loin. Le conducteur en fut quitte pour la peur. Deux personnes qui l’accompagnaient furent contusionnées. L’une d’elles, assez gravement atteinte, fut transportée dans une maison voisine ou elle reçut les premiers soins, en attendant l’arrivée de M. Flamand, médecin. Le blessé est M. Fossier fils, architecte, qui aurait, nous disait-on hier soir, quatre côtes cassées, et une contusion à la hanche dont les médecins n’ont pu encore reconnaître exactement la gravité. Le cheval n’eut que quelques égratignures.

1885 Melle Marie Ernestine SENDRE, institutrice publique à Ludes

 

1 février 1885 – Journal « L’Indépendant Rémois »

Un chien enragé paraissant venir de Puisieulx, a parcouru, hier matin, la commune de Ludes et mordu plusieurs chiens du village.

M. Dindin, charcutier, a été assez heureux pour abattre l’animal de deux coups de fusil.

L’autopsie faite par M. Hédin, vétérinaire à Beaumont sur-Vesle a démontré que ce chien était hydrophobe.

Tous les chiens qui ont été attaqués ou soupçonnés de l’être sont abattus et tous les autres consignés pendant 40 jours.

 

28 février 1885 – Journal « L’Indépendant Rémois »

Le 24 courant, de deux à trois heures du soir, le sieur BARROIS Louis Elie, voiturier au Craon de Ludes, s’est suicidé par asphyxie au moyen d’un réchaud de charbon qu’il avait allumé et placé près de son lit après avoir calfeutré toutes les issues de sa chambre à coucher.

 

Cet homme, âgé d’une soixantaine d’années avait, à plusieurs reprises, manifesté l’intention d’en finir avec la vie, surtout depuis la mort de sa femme survenue en décembre dernier.

 

2 juillet 1885 – Journal « L’Indépendant Rémois »

Mardi dernier, pendant que toute la population célébrait la fête patronale, le sieur POQUET Elie, ouvrier jardinier, (53 ans) s’est pendu dans son grenier vers 6 heures du soir.

Il n’y avait pas un quart d’heure qu’il avait quitté son beau-père et sa femme avec lesquels il buvait un verre de bière ; celle-ci, montant au grenier pour chercher une chose dont elle avait besoin, le vit accroché sur l’échelle ; elle appela les voisins qui coupèrent la corde et lui prodiguèrent les soins qu’on donne en pareil cas, mais il ne fut pas possible de le rappeler à la vie.

On attribue sa détermination à des contrariétés de famille qui datent depuis plusieurs années déjà.

 

16 septembre 1885 – Journal « L’Indépendant Rémois »

Les habitants de la commune de Ludes ont fait parvenir à M. le préfet une pétition signée par 157 chefs de familles sur 200 environs, dont 3 conseillers et les plus notables. Cette pétition a pour effet de demander que la commission d’hygiène départementale oblige les conseillers municipaux de cette commune à supprimer un gué infect, situé dans le bas du village, qui ne reçoit que les immondices, les chiens et chats morts de tout le pays. Ce qui a été aussi la principale cause de la présence du choléra à Ludes en 1854, où 6 % des habitants sont morts en quelques semaines.

 

1 décembre 1885 – Journal « L’Indépendant Rémois »

Ludes. — Samedi à 10 h. 1/2 du matin, M. le Dr Gallois, maire de Rilly la-Montagne, conseiller général et président de la délégation cantonale, accompagné de MM. Tanazacq, Quenardel, Viéville et Duchâtel, maire de Ludes, délégués cantonaux, de M. l’adjoint et de MM. les conseillers municipaux, réunis à cet effet, se sont rendus à l’école des filles pour remettre à la digne institutrice, Mlle E. Sendre, la médaille d’argent qui lui a été décernée par M. le ministre de l’instruction publique. Tous ces messieurs ont été très satisfaits de constater la parfaite tenue de cette classe modèle qui ne compte plus ses succès dans tous les examens et les concours. En remettant à Mlle Sendre la médaille, M. le Dr Gallois lui a adressé l’allocution suivante : Mademoiselle, Que vous dirai-je encore que je ne vous ai dit déjà ! Nous avons le plaisir, je ne crois pas trop m’avancer en disant que c’en est un pour vous, je suis sûr que c’en est un pour nous, de nous retrouver en face l’un de l’autre, une médaille à la main, à peu près tous les ans ; cette médaille que vous recevez, que nous vous transmettons de la part de M. le ministre de l’instruction publique, prouve mieux que toutes les paroles combien vous êtes dévouée à la noble tâche de l’enseignement, combien chacun sait apprécier ce dévouement continu et sans bornes que nous citons comme modèle à celles qui veulent vous imiter. Il ne faut pas, mademoiselle, que ce dévouement se lasse, qu’il s’endorme sur ses lauriers, il faut - les lauriers en appellent d’autres - qu’il se continue en s’accentuant, en réglant sa marche sur celle des succès, des récompenses qu’il obtient. Vous vous êtes vouée à l’éducation des jeunes filles, faisant d’elles votre famille ; il faut pour suivre cette éducation jusqu’au bout, c'est à-dire la faire telle qu’elle puisse suivre vos élèves lorsqu’elles vous auront quittée, telle que les graines que vous semez dans leur esprit, dans leur cœur puissent y germer, y pousser, y grandir et enfin y fructifier même lorsque vous ne serez plus auprès d’elles pour les réchauffer de votre amour ; il faut que vous les dressiez pour le combat de la vie, que vous les prépariez à devenir des femmes, que vous leur fassiez aimer la patrie, la France, la République, ce gouvernement qu’elle s’est librement donné, qu’elle entend conserver pour le meilleur profit de son peuple. Parmi les grands noms de notre histoire, les noms de Jeanne d’Arc, de Jeanne Hachette, de Catherine de Médicis, de Mme de Sévigné ne sont pas au dernier rang ; ils vous montrent, mes chers enfants, que par leur courage, leurs talents, leur savoir, les femmes ne le cèdent en rien aux hommes, qu’il y a eu, qu’il peut y avoir encore de grandes Françaises, comme il y a eu, comme il y aura encore de grands Français. Ne l’oubliez pas. Etudiez la donc avec soin, demandez à votre chère maîtresse de vous l’apprendre, de vous l’expliquer cette histoire où nos pères ont joué un si grand rôle ; pénétrez-vous de leur esprit, appréciez comme ils le méritent les bienfaits de cette grande Révolution française qui nous a fait ce que nous sommes, des hommes libres, des femmes instruites, laborieuses, des citoyens égaux en droits. C’est par son étude attentive, approfondie, raisonnée, par la pratique de la morale civique qui en découle que vous reconnaîtrez, vous, enfants, tous les efforts, tous les sacrifices que la République, la fille de la Révolution, fait pour vous élever jusqu’à elle, vous, mademoiselle, le juste tribut que l’Etat accorde à votre mérite, dans l’espérance bien légitime que vous continuerez, même au-delà de l’école, à être son interprète auprès de vos élèves ; ce n’est pas en ayant peur du diable, c’est en ayant peur de soi-même, c’est en fortifiant sa conscience, en y croyant, que l’on est véritablement instruit et vertueux. Voilà, mademoiselle, ce que cette médaille enseigne : en vous la remettant, nous savons qu’elle est en bonnes mains et que son éclat ne se ternira pas.

 

Mlle Sendre, très émue, a répondu qu’elle était bien heureuse de la distinction dont elle était l’objet et très reconnaissante de la récompense que lui a accordée M. le ministre de l’instruction publique. Qu’elle continuerait l’œuvre d’instruction et d’éducation qu’elle a entreprise pour faite des jeunes filles qui lui sont confiées des femmes sérieuses, instruites, aimant bien leur famille et leur patrie. Elle termine en remerciant M. le ministre, tous ses supérieurs, la délégation cantonale, la municipalité et toute la population de Ludes de 1’estime et de l’intérêt qu’on lui porte, assurant de nouveau qu’elle fera tout son possible pour accomplir consciencieusement sa mission. M. Gallois, s'adressant alors une élève de la classe, la jeune Lucie Devaucelle, s’est exprimé ainsi : Mlle Devaucelle, grâce à votre travail, grâce à la bonne direction que lui a donnée votre chère maîtresse, vous avez eu l'honneur d’être venue la première à l’examen du certificat d’études pour le canton de Verzy. C’est un honneur non seulement pour vous, mais aussi pour votre école, pour sa maîtresse. Le Conseil général, en considération de ce succès, vous a décerné le prix départementa1 ; je suis bien heureux de pouvoir vous le remettre moi-même en son nom, en y joignant nos félicitations les plus sincères, en vous engageant — ce que vous ne pouvez manquer de faire — à persévérer dans cette bonne ligne de conduite et à vous rendre de plus digne de la récompense que vous venez d’obtenir.

 

La jeune fille lui a répondu :

 

Je vous remercie, monsieur, je remercie également le Conseil général, qui a bien voulu récompenser mes efforts par de si beaux prix. Mais je n'oublie pas que c’est aux leçons de Mademoiselle que je dois mes succès, et je lui en offre ma reconnaissance. Messieurs, mes petites compagnes m’ont chargée de vous assurer de tout le plaisir que nous causent vos visites, surtout lorsqu’elles ont pour but de récompenser la maîtresse que nous chérissons. Nous continuerons à profiter de ses bonnes leçons ; nous réaliserons ainsi l’espoir de M le Ministre de l’instruction publique, le vôtre aussi messieurs, en préparant sur les bancs de 1’école une génération forte, instruite, toute dévouée à la France.

 

Après quoi tous les assistants adressèrent de nouvelles félicitations à la maîtresse et aux élèves, pour lesquelles cette imposante cérémonie sera un nouveau su jet d’émulation et d’encouragement.

 

18 décembre 1885 – Journal “L’Indépendant Rémois”

Une intéressante fête animait Ludes dimanche. « L’Union », société gymnique de cette commune donnait sa séance annuelle à ses membres honoraires, avec le concours d’une section de pupilles de la « Gauloise », et de celui de la Fanfare municipale de Ludes. Malgré la pluie et la boue, musiciens et gymnastes défilent d’un pas allègre dans les rues du village pour se rendre au local de « l’Union » ou a lieu la fête. Ce local, vaste cellier commode et bien aménagé, dont la Société doit la jouissance à l’obligeance de M. Luling, est décoré avec goût, de drapeaux et d’écussons. Les couronnes et médailles obtenues par « l’Union » réunies en un glorieux trophée, témoignent de la vaillance des gymnastes et de la persévérance de leurs chefs. Les pupilles ont l’honneur du premier numéro du programme : la section présentée par un pupille moniteur, exécute d’une façon très satisfaisante, une série de mouvements sans engins assez compliqués. Quand le jeune moniteur aura pris l’habitude du commandement, quand la section aura quelques mois d’étude de plus, les pupilles de « l’Union » pourront, sans crainte, se mesurer aux meilleures sections similaires. Les exercices en section et libres aux appareils, permettent aux spectateurs d’apprécier l’excellence de la méthode pratiquée par Mrs. Labbey, les instigateurs de la gymnastique dans la commune de Ludes. Gymnastes et pupilles présentent des exercices variés et intéressants exécutés avec une correction irréprochable. Notons surtout le travail aux arçons et les doubles barres parallèles. Les mouvements d’ensemble sans engins et ceux avec fusils qui ont valu à « l’Union » un si beau succès au concours de Trouville, complètent dignement un programme bien rempli. Nous adressons nos vives félicitations aux hommes dévoués qui savent maintenir à ce niveau leur Société. A l’issue de la séance, quelques flûtes de champagne sont vidées en l’honneur des musiciens qui, sous la direction de M. Charlier, ont été d’une obligeance infatigable. M. Ernest Labbey, président de « l’Union », porte un toast à M. Luling, ainsi qu’à M. le président de la Fanfare. M. Paulin Labbey remercie la « Gauloise » de son bienveillant concours et porte un toast à son président. Celui-ci répond en affirmant la profonde sympathie de la « Gauloise » pour sa sœur de Ludes et remercie « l’Union » de son cordial accueil. L’heure du dîner approche, gymnastes de « l’Union » et de la « Gauloise » vont fraternellement rompre le pain qu’on se promet naturellement d’arroser de quelques bouteilles de vin du cru.

 

1886 Travaux de l’Académie nationale de Reims

LUDES : on y remarque, sur la place contiguë à l’église, une croix en bois de grande dimension, adossée à la devanture d’une maison. Un calice est placé sous les pieds du Christ, et les insignes de la Passion sont sculptées en relief sur les trois faces. On lit au bas en lettres capitales cette sentence morale :

Consider ycy pécheur un Dieu en croix mort pour toy.

ADORAMUS

L’inscription commémorative est placée sur les côtés, formant 24 lignes très étroites que nous groupons ici :

A la gloire de Dieu, posé par Jean Billy l’ainé et Jeanne Houre sa femme, Jean et Nicolas Billy, Marie Thérèse Jupin et Marie Claude Prévost leurs femmes, Elisabeth Billy sa femme, le 15 mars 1754.

 

20 février 1886 – Journal L’Indépendant Rémois

Ludes. — Un braconnier émérite qui a donné maintes preuves de ce dont il est capable et a déjà subi au moins une douzaine de condamnations, a été rencontré dans les vignes, à un kilomètre environ du village, par le sieur Waflard, garde-chasse de M. A. Luling, porteur d’un panier qu'il tenait à son bras. Le garde, qui connaît le Sire depuis longtemps, et pour cause, lui enjoignit de lui faire voir ce que contenait son panier. Sur son refus, il le somma de se rendre avec lui chez M. le maire, mais le braconnier s’y refusa ; se couchant par terre et déclarant qu’il n’irait pas, puis se relevant aussitôt, il partit. Le garde, qui lui emboîtait le pas, l’arrêta à l’entrée du village avec l’aide d’un individu qui se trouvait là. Ils visitèrent le panier qui contenait un lièvre magnifique ; mais ce ne fut pas sans peine, le braconnier fit résistance, mordant le garde à la main et proférant forces menaces contre lui. Procès-verbal a été dressé et envoyé à M. le Procureur de la République. Le lièvre sera vendu au profit du Bureau de bienfaisance de la commune. Avis au gourmet auquel il était destiné.

 

20 août 1886

         Débit des sources alimentant la commune :

     - L’Envie : 32 l/mn

     - Les Vauzelles : 19 l/mn

Le réservoir des Vauzelles (situé de l’autre côté du stand de tir) à un volume de 100 m³.

 

3 mars 1887 – Journal « L’Indépendant Rémois »

Dimanche 27 février, se tenait à Ludes une réunion dont le but était d’arriver à la fondation d’une société de secours mutuels, essai déjà tenté, mais qui n’avait pu aboutir faute de renseignements et d’éléments nécessaires. M. Lelièvre, qui s’était mis à la disposition des promoteurs de l’idée, a été présenté à l’assemblée par M. Duchàtel, maire de Ludes, qui avait pris place à l’estrade avec l’adjoint et quelques conseillers municipaux et les membres du comité provisoire.

 

Dans un langage clair et concis M. Lelièvre a démontré les bienfaits produits par les associations et en particulier par celles qui ont pour but d’atténuer les tristes effets de la maladie chez les travailleurs ; il expose les différents systèmes de sociétés de secours mutuels, et cite des exemples pris à Reims et ailleurs où des résultats étonnants sont obtenus par de faibles efforts individuels ; la plus grande richesse de l’ouvrier c’est sa santé, c’est en profitant de cet état qu’il faut faire la part de la maladie qui peut survenir. A tous les points de vue, l’établissement d'une société de prévoyance contre la maladie est une nécessité ; au point de vue moral, car elle donne confiance à l'ouvrier qui sent qu’il sera secouru à temps ; au point de vue matériel, puisqu’une faible somme permet de faire face à des dépenses qui épuiseraient toutes ses ressources. L’homme ne doit pas seul se faire inscrire dans la société ; la femme, peut être encore plus que l’homme, doit y trouver sa place, car tout périclite dans la maison quand elle est malheureusement prise par la maladie. Avec la femme, l’enfant aussi doit être assuré, car la mère la plus dévouée peut hésiter à aller chercher le médecin quand elle songe aux dépenses que cela occasionne, mais elle n’hésitera pas en présence du droit qu’elle a acquis par sou admission dans une société de prévoyance. A Ludes, la fondation d'une société de secours mutuels, admettant des sociétaires des villages voisins, pourrait avoir pour effet d’attirer un médecin, dont la localité est dépourvue. Il n’y a pas à hésiter à faire partie d'une société de secours mutuels, pas plus que l'on hésite à s’assurer contre l’incendie ; il ne faut pas s’effaroucher du mot secours qui ne tardera pas à disparaître du langage mutualiste ; il n’y a pas de secours, il y a une indemnité due en vertu d’une prime versée, il y a un droit acquis.

 

M. Lelièvre a mis aux voix la question de principe ; elle a été votée à l’unanimité, et la mission a été donnée aux initiateurs de cette réunion d’élaborer des statuts et de les présenter à une réunion convoquée ultérieurement. Nous ne pouvons terminer ce compte rendu écourté sans remercier M. le Maire, son adjoint, les membres du Conseil municipal, M. Diadin, qui avait mis gracieusement sa salle à la disposition des promoteurs. Est-il nécessaire d’ajouter que M. Lelièvre a reçu l’accueil le plus cordial et le plus sympathique, et que nous ne saurions trop le remercier de l’aide qu’il nous a apportée dans notre entreprise ?

Le Comité provisoire.

 

12 mars 1887 – Journal « L’Indépendant Rémois »

Ludes. — Mardi, vers 5 heures du soir, un inconnu, paraissant âgé de 65 à 70 ans, taille lm70 environ, chauve, ayant seulement une bordure de cheveux châtain foncé, très proprement vêtu, rasé depuis deux jours au plus et habillé d’un veston presque neuf en drap gris foncé quadrillé, pantalon en drap noir, chemise blanche sans marque particulière, tricot de coton cachou, gilet en drap gris, caleçon tricot blanc, bas de laine groseille ou rouge déteint, bottines à caoutchouc en assez bon état, casquette en drap noir, foulard gris à bords noirs, mouchoir de poche à petits carreaux rouges, porteur d’un couteau de poche, d’une tabatière queue de rat et d’une somme de 4 fr.50, d’un billet de tramway du faubourg Saint Thomas à Fléchambault a été trouvé pendu à un arbre au bord de la forêt de Ludes. Il avait été vu la veille dans la commune où il avait dit qu’il allait voir un cousin, nommé Léon, qui habite une petite commune voisine. Une enquête est ouverte par la municipalité pour arriver à constater l’identité de cet individu.

 

18 juillet 1887 – Journal L’Indépendant Rémois

La société de gymnastique et de tir l’Union de Ludes, terminait dimanche 10 juillet son concours public de tir à l’arme nationale à 200 mètres. La proclamation des résultats et la distribution des récompenses a eu lieu à la mairie, sous la présidence de M. Duchâtel, maire.

 

6 février 1888 – Journal L’Indépendant Rémois

Ludes. — Hier dimanche, le conseil municipal, qui vient d’être complété, était réuni pour nommer un maire en remplacement de M. Duchâtel, démissionnaire. M. Canard, adjoint, a été élu par 8 voix sur 10 votants ; deux membres de l’assemblée étaient absents. A la suite de cette élection, la nomination d’un nouvel adjoint devenait nécessaire ; M. Eugène Perthois a été élu par 9 voix.